RDC : le général-major Sylvain Ekenge suspendu après des propos jugés discriminatoires
Le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a été suspendu de ses fonctions par le chef d’état-major général de l’armée congolaise. L’information a été confirmée par l’Agence congolaise de presse (ACP), citant des sources militaires.
En effet, cette décision intervient à la suite de propos controversés tenus par l’officier supérieur samedi dernier sur les antennes de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC). Lors de son intervention, le général-major Sylvain Ekenge avait tenu des déclarations jugées discriminatoires, évoquant un prétendu stratagème attribué à des femmes de la communauté tutsie, qu’il accusait de chercher à « pérenniser la suprématie » de cette communauté à travers les naissances.
Ces déclarations ont provoqué une vive indignation, tant au niveau national qu’international, relançant le débat sur la responsabilité des hauts responsables militaires et institutionnels dans un contexte marqué par des tensions communautaires sensibles.
Dans une publication sur le réseau social X, l’Agence congolaise de presse a tenu à rappeler que le président de la République, Félix Tshisekedi, « a toujours combattu toutes les formes de discrimination à l’encontre des membres de la communauté tutsie, comme de toute autre communauté congolaise ». Une précision destinée à réaffirmer la ligne officielle des autorités congolaises en faveur de la cohésion nationale et du vivre-ensemble.
Les propos du porte-parole des FARDC ont également suscité des réactions à l’étranger. Le ministre belge des Affaires étrangères s’est dit, sur X, « extrêmement choqué » par ces déclarations, les qualifiant d’« absolument indignes de la part d’un représentant officiel ». Il a souligné que « la concorde nationale ne peut se construire que dans un esprit d’inclusion de toutes les communautés ».
La suspension du général-major Sylvain Ekenge apparaît ainsi comme une mesure disciplinaire forte, traduisant la volonté du commandement militaire et des autorités politiques de désavouer toute forme de discours discriminatoire, en particulier lorsqu’il émane d’un haut gradé chargé de porter la parole officielle de l’armée.
La rédaction
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