Assassinat d’un journaliste en Ituri : des journées « sans journaux » décrétées dans les médias
Les organisations de journalistes basées en Ituri ont vivement condamné, ce lundi 29 décembre, l’assassinat du journaliste Thierry Banga Lole, survenu dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 décembre à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Elles qualifient cet acte de « crime odieux » contre la liberté de la presse.
Dans leurs communiqués rendus publics ce lundi 29 décembre, l’ONG Journaliste en Danger (JED), l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section d’Aru, ainsi que le Collectif des journalistes de l’Ituri (CJI) ont dénoncé une recrudescence inquiétante des violences ciblant les professionnels des médias dans cette partie de la République démocratique du Congo.
Face à cette situation, ces organisations ont décidé de la suspension immédiate de la diffusion des informations dans les radios de la province de l’Ituri pour les journées du mardi 30 et du mercredi 31 décembre, ainsi que de l’observation d’une journée sans médias le 1er janvier 2026.
« Nous appelons les radios à observer une journée sans journal à partir du mardi matin et, le jeudi 1er janvier, une journée sans radio sur toute l’étendue de la province de l’Ituri, afin de rendre hommage à notre confrère Thierry Banga Lole », a déclaré Freddy Upar, point focal de JED en Ituri, à l’issue d’une réunion d’urgence tenue ce lundi 29 décembre à la station RTNC/Ituri.
Cette décision a également été étendue aux médias écrits et en ligne dont les sièges sociaux se trouvent à Bunia, appelés à se joindre à ce mouvement de protestation et de recueillement.
Les organisations de journalistes rappellent que cet assassinat constitue une atteinte grave à la démocratie et à l’État de droit, dans un contexte sécuritaire déjà fragile en Ituri.
Elles exhortent par ailleurs les autorités judiciaires et sécuritaires à ouvrir une enquête sérieuse et indépendante, au cours de laquelle des journalistes seront associés afin de suivre de près le dossier judiciaire, tout en exigeant que les auteurs de ce crime soient arrêtés et traduits en justice. Elles appellent également le gouvernement congolais à prendre des mesures urgentes pour garantir la protection des journalistes, en particulier dans les zones affectées par l’insécurité armée, comme l’Ituri.
Samuel Atido, depuis Bunia
Commentaires (0)